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	<title type="html">Papiers</title>
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	<title type="html">Une critique de la faculté de juger l'Autre</title>
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	<updated>2011-05-20T07:13:30Z</updated>
	<author><name>Gerhart</name></author>
	<content type="html">&lt;p&gt;&lt;em&gt;Un enfant de "Tristes tropiques"&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand j'ai vu le titre du livre "Moins Occidental", j'ai songé à "que moi, tu meurs." J'ai acheté cette sorte de promesse et dévoré son message. Tout y est dit, même entre les lignes, dessiné aussi. Le rejet de l'etnocentrisme, de l'ignorance et des préjugés. Un modeste et paradoxal appel à la tolérance intelligente, lucide et ouverte&amp;nbsp;!&lt;br/&gt;
Le lien social, sa teneur, ses référents de traditions africaines et communautaires, tout montre que le vol et le viol de l'Autre sont les produits des pertes de valeurs ancestrales.A côté, tourné vers l'Occident avec d'autres valeurs, s'agite le Leviatan, le monstre de l'Individualisme.&lt;br/&gt;
Entre ces deux pôles,inconciliables&amp;nbsp;?, celui qui cherche l'homme doit trouver dans l'Amour la force et la puissance de se maintenir dans un prodigieux grand écart.&lt;br/&gt;
Un véritable éloge de la nécessité de l'Amour,un hommage à tous les hommes de bonne volonté&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pierre GERHART&lt;br/&gt;
Professeur de Philosophie&lt;br/&gt;
Lycée français à Cotonou&lt;/p&gt;
</content>
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	<title type="html">Révolutions Arabes&amp;nbsp;: Plutôt René Girard que Mark Zuckerberg</title>
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	<updated>2011-02-25T08:26:21Z</updated>
	<author><name>Thomas</name></author>
	<content type="html">&lt;blockquote&gt;
	&lt;p&gt;Il y a quelque chose d'inconvenant à qualifier les Révolutions Arabes de &lt;span class="quoted"&gt;«&amp;nbsp;Révolutions Facebook&amp;nbsp;»&lt;/span&gt; ou de &lt;span class="quoted"&gt;«&amp;nbsp;Révolution Twitter&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Du recul sur le &lt;a href="http://www.henriverdier.com/2011/02/revolutions-arabes-plus-de-girard-que.html"&gt;blog de Henri Verdier&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
</content>
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	<title type="html">Point-Afrique&amp;nbsp;: ça passe ou ça casse</title>
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	<updated>2010-11-13T08:46:26Z</updated>
	<author><name>Thomas</name></author>
	<content type="html">&lt;blockquote&gt;
	&lt;p&gt;Je suis resté plus d’une heure en tête à tête avec le Général Aziz (Président de la Mauritanie) et près d’une heure avec le Général Amany Toumani Touré (son homologue malien). [...]&lt;/p&gt;
	&lt;p&gt;J’ai bien entendu consulté nos guides, nos chameliers ainsi que les populations locales [...]&lt;/p&gt;
	&lt;p&gt;[...] le Point-Afrique a choisi de rester présent sur Atar en Mauritanie et sur Mopti au Mali [...]&lt;/p&gt;
	&lt;p&gt;Le pari actuel est donc loin d’être gagné et le Point-Afrique y laissera peut-être sa peau, mais nous sommes décidés à tenter le tout pour le tout.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;La coopérative de voyageurs Point-Afrique &lt;a href="http://www.point-afrique.com/Campagnes.php?Idc=1019"&gt;maintient ses vols sur Atar en Mauritanie et Mopti au Mali&lt;/a&gt;. Objectif&amp;nbsp;: maintenir l'apport d'argent des touristes dans les régions encore protégées du risque de terrorisme.&lt;/p&gt;
</content>
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	<title type="html">Afrique&amp;nbsp;: pourquoi la bonne gouvernance compte plus que l'aide</title>
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	<updated>2010-10-26T17:14:55Z</updated>
	<author><name>Thomas</name></author>
	<content type="html">&lt;blockquote&gt;
	&lt;p&gt;Malheureusement, les gouvernements africains préfèrent généralement un déséquilibre avec une aide plus importante et moins de responsabilité. Les pays donateurs doivent comprendre cette réalité et cesser de produire des platitudes comme les OMD ou les objectifs d'aide [...]&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Une &lt;a href="http://www.unmondelibre.org/Cudjoe_Gouvernance_Aide_151010"&gt;analyse de Franklin Cudjoe&lt;/a&gt; sur le site UnMondeLibre.&lt;/p&gt;
</content>
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	<title type="html">Impossible is nothing&amp;nbsp;!</title>
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	<updated>2010-10-24T10:59:57Z</updated>
	<author><name>Thomas</name></author>
	<content type="html">&lt;blockquote&gt;
	&lt;p&gt;T’en as marre de bouffer du métro, des gaz d’échappement, de l’info pipo et des supermarchés bondés de mémères armées de cartes de fidélité&amp;nbsp;? Tu veux couper les ponts avec la civilisation néo-post moderne et ses vrombissements lumineux, ses caddies de mensonges, ses vérités déodorisées, oublier ce que c’est qu’un écran plasma et le carbon free,  la 3G et l’Internet, l’électricité même, te nourrir de larves, de thermites, de singe et de porc-épic, sucer de la canne à sucre, du cacao arraché sur l’arbre et t’abreuver des eaux limpides de ruisseaux cachés sous de grands palétuviers&amp;nbsp;? Bref, tu veux une expérience roots de calibre olympique loin du Google espace, raboter un peu ton vernis d’homo-cyber pour laisser hurler le loup qui sommeille en toi&amp;nbsp;? Ton salut passe par l’exil&amp;nbsp;; Et j’ai ton terrain&amp;nbsp;! Que dis-je&amp;nbsp;! Ton refuge… La forêt tropicale congolaise.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Les enthousiastes &lt;a href="http://parislecap2010.wordpress.com/2010/09/20/impossible-is-nothing/"&gt;carnets de routes&lt;/a&gt; d'un fondu de sport aventurier lancé dans une randonnée hallucinante&amp;nbsp;: Briod (France, Jura) - Le Cap (Afrique du Sud) en vélo, et en solo&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;
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	<title type="html">Deuil et funérailles, le deuxième fléau de l’Afrique&amp;nbsp;!</title>
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	<updated>2010-10-22T17:06:49Z</updated>
	<author><name>Thomas</name></author>
	<content type="html">&lt;blockquote&gt;
	&lt;p&gt;Il semble que ce soit la jalousie qui soit à l’origine de cette croyance, pour mourir il faut nécessairement quelqu’un qui vous en veut. On en arrive à ce paradoxe qu’aucun Africain n’ose cependant pas franchir, celui qui n’aurait pas d’ennemi pourrait devenir immortel&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Excellente remarque &lt;a href="http://www.agoravox.fr/culture-loisirs/culture/article/deuil-et-funerailles-le-deuxieme-79346"&gt;de Georges Yang sur Agoravox&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
</content>
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	<title type="html">Où sont les capitaines d'industrie&amp;nbsp;?</title>
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	<updated>2010-09-20T09:33:10Z</updated>
	<author><name>Thomas</name></author>
	<content type="html">&lt;p&gt;En Afrique subsaharienne, du moins dans la partie  francophone, la situation décrite par Frantz Fanon en 1961 au lendemain des indépendances est plus que jamais d'actualité.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
	&lt;p&gt;Au sein de cette bourgeoisie nationale on ne trouve ni industriels, ni financiers. La bourgeoisie nationale des pays sous-développés n'est pas orientée vers la production, l'invention, la construction, le travail. Elle est tout entière canalisée vers des activités de type intermédiaire. Être dans le circuit, dans la combine, telle semble être sa vocation profonde. La bourgeoisie nationale a une psychologie d'hommes d'affaires non de capitaines d'industrie.&lt;/p&gt;
	&lt;p&gt;Frantz Fanon, &lt;em&gt;Les damnés de la terre&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
</content>
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	<title type="html">Contrepoints relooké</title>
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	<updated>2010-09-18T13:08:03Z</updated>
	<author><name>Thomas</name></author>
	<content type="html">&lt;p&gt;&lt;a href="http://www.contrepoints.org/" class="img"&gt;&lt;img src="/medias/contrepoints.jpg" alt="Contrepoints" title="Contrepoints"/&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nouvelle version du journal en ligne &lt;a href="http://www.contrepoints.org/"&gt;Contrepoints&lt;/a&gt;. Lisez une analyse libérale de l'actualité&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;
</content>
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	<title type="html">Un commentaire sur la polychronie</title>
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	<updated>2010-03-28T09:25:45Z</updated>
	<author><name>Thomas</name></author>
	<content type="html">&lt;p&gt;L'essai sur le temps &lt;em&gt;La danse de la vie&lt;/em&gt; de l'anthropologue américain Edward T. Hall, publié en 1984, est écrit dans une optique résolument interculturelle. L'auteur s'oppose à l'idée qu'il existerait un temps objectif universel comme le perçoivent les Occidentaux, il soutient au contraire que la perception du temps diffère selon les cultures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je souhaite commenter l'une des dualités relevées par l'auteur&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
	&lt;p&gt;J'ai appelé &lt;span class="quoted"&gt;«&amp;nbsp;polychrone&amp;nbsp;»&lt;/span&gt; le système qui consiste à faire plusieurs choses à la fois, et &lt;span class="quoted"&gt;«&amp;nbsp;monochrone&amp;nbsp;»&lt;/span&gt; le système européen du Nord qui consiste, au contraire, à ne faire qu'une chose à la fois. Dans un système polychrone, l'accent est mis sur l'engagement des individus et l'accomplissement du contrat, plutôt que sur l'adhésion à un horaire préétabli. Les rendez-vous ne sont pas pris au sérieux, et par conséquent, souvent négligés ou annulés. Le temps, dans le système polychrone, est traité de façon moins concrète que dans le système monochrone (p.&amp;nbsp;58).&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;L'opposition du temps &lt;span class="quoted"&gt;«&amp;nbsp;monochrone&amp;nbsp;»&lt;/span&gt; des Occidentaux et de celui &lt;span class="quoted"&gt;«&amp;nbsp;polychrone&amp;nbsp;»&lt;/span&gt; de bon nombre de sociétés non occidentales, est parlante. Voyons maintenant le développement suivant&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
	&lt;p&gt;Les individus polychrones perçoivent rarement le temps comme &lt;span class="quoted"&gt;«&amp;nbsp;perdu&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;, et le considèrent comme un point plutôt qu'un ruban ou une route, mais ce point est souvent sacré. Un Arabe dira&amp;nbsp;: &lt;span class="quoted"&gt;«&amp;nbsp;Je vous verrai avant une heure&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;, ou&amp;nbsp;: &lt;span class="quoted"&gt;«&amp;nbsp;Je vous verrai après deux jours&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;. Dans le premier cas, il veut dire qu'il ne s'écoulera pas plus d'une heure avant qu'il ne vous voie, et dans le second, au moins deux jours (p.&amp;nbsp;58).&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;J'ai pour ma part l'impression que le &lt;span class="quoted"&gt;«&amp;nbsp;point&amp;nbsp;»&lt;/span&gt; dans le temps dont il est question, est en fait la traduction vers une représentation chronologique d'un état d'avancement dans une séquence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici comment je comprends la chose. L'individu polychrone affecte une priorité à chaque tâche, et son agenda reflète les tâches qu'il doit réaliser, ordonnées en permanence de la plus grande à la plus petite priorité. Au terme de chaque tâche, l'individu entre dans un nouvel état &lt;span class="quoted"&gt;«&amp;nbsp;tâche réalisée&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;. Par exemple, un ami, en m'empruntant de l'argent, promet de me le rendre le dimanche prochain. Pourquoi le dimanche&amp;nbsp;? Parce que le samedi est le dernier jour prévu d'un travail en cours, et il est convenu que son client le solde ce jour-là. Le &lt;span class="quoted"&gt;«&amp;nbsp;point&amp;nbsp;»&lt;/span&gt; dans le temps dont il est question est en fait l'état &lt;span class="quoted"&gt;«&amp;nbsp;travail terminé&amp;nbsp;»&lt;/span&gt; dont on prévoit qu'il commencera le samedi soir. Ce n'est pas une date dans un calendrier, mais un état d'avancement dans sa séquence d'activités.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'individu monochrone ordonne bien entendu aussi ses tâches en fonction de ses priorités, mais une fois les tâches inscrites dans l'agenda, les priorités disparaissent et seules les dates prévues comptent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Afin d'illustrer cela, imaginons deux individus, l'un polychrone et l'autre monochrone, qui auraient à un instant donné un agenda identique&amp;nbsp;: les deux personnes ont une même suite de tâches à effectuer, dans le même ordre, avec les mêmes durées et les mêmes dates de réalisation prévues. Arrive un événement imprévu dont résulte une nouvelle tâche. L'insertion de la nouvelle tâche se fera différemment selon la culture. L'individu polychrone réorganise son agenda, il insère la nouvelle tâche sans se soucier des dates prévues, et décale toutes les tâches moins prioritaires. L'individu monochrone considère que les plages de temps déjà occupées sont inamovibles, il repoussera la tâche vers une plage de temps disponible, et ceci quelle que soit l'importance de la tâche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reprenons l'exemple de mon ami endetté. Peu après son emprunt, l'un de ses proches parents l'appelle pour un service. Mon ami réorganise instantanément son agenda&amp;nbsp;: la fin du travail pour son client et le remboursement de sa dette s'en retrouvent décalés d'autant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un individu polychrone est souvent appelé à mener de front plusieurs activités puisqu'une tâche d'importance supérieure est toujours susceptible de se glisser au milieu de l'exécution d'une tâche de moindre priorité. Mais la &lt;span class="quoted"&gt;«&amp;nbsp;polychronie&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;, c'est-à-dire le fait de faire plusieurs choses à la fois, est selon moi une conséquence et non l'essence. D'ailleurs, de nombreuses activités se prêtent à une réalisation simultanée même dans une organisation du temps &lt;span class="quoted"&gt;«&amp;nbsp;monochrone&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;, n'importe quel responsable dans une entreprise en fait l'expérience quotidienne. Peut-être faudrait-il revoir le choix des termes...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les deux systèmes de temps ne sont pas compatibles. Les engagements sont pris au sérieux dans les deux systèmes, mais l'individu monochrone inclut les dates de réalisation dans sa notion d'engagement, alors que l'individu polychrone ne les inclut que sous réserve de la non-apparition d'autres tâches de plus grande importance. Les individus monochrones considèrent l'individu polychrone et son agenda glissant comme non fiable. Du point de vue de l'individu polychrone, la fiabilité d'un individu monochrone est reconnue, mais, s'il existe une relation sociale avec lui, sa rigidité temporelle est vécue comme immorale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La manière dont se forme la priorité des tâches d'un individu polychrone mérite que l'on s'y penche. Plus loin dans son ouvrage, l'auteur rapporte son expérience&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
	&lt;p&gt;L'attente des Indiens était d'une qualité différente de la nôtre. Et à cet égard, je ne me distinguais en rien des autres Blancs&amp;nbsp;: nous étions tous impatients, regardant sans arrêt notre montre ou l'horloge accrochée au mur, grommelant, ou ne tenant pas une seconde en place. Alors qu'un Indien pouvait arriver à l'agence le matin et se trouver encore tranquillement assis dans le bureau du directeur l'après-midi, sans qu'à aucun moment son allure ou son comportement change un tant soit peu. Comment était-ce possible&amp;nbsp;? (P. 155.)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Edward T. Hall suggère des réponses multiples, en oubliant celle qu'il avait précédemment évoquée dans un chapitre sur les rythmes culturels&amp;nbsp;: le sentiment d'être à sa place.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
	&lt;p&gt;Les Quiché, au contraire [des Américains], ne pensent pas devoir tirer profit de chaque instant. Ils sont confrontés à une autre tâche, plus subtile&amp;nbsp;: vivre chaque jour de manière adéquate (p.&amp;nbsp;103).&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Pour les Quiché, cela implique de tenir compte de croyances associées à chaque jour du calendrier. Une tâche, pour un individu polychrone, prend son sens par rapport aux valeurs culturelles et relationnelles dans lequel il vit. Une même tâche n'a pas la même importance selon qu'elle est demandée par un proche parent ou par un ami plus éloigné, et selon qu'elle a ou non un rapport avec une valeur culturelle. Être en train d'exécuter la tâche la plus importante, quelle que soit la forme que cela puisse prendre, voilà ce qui donne du sens à la situation et de la sérénité aux Amérindiens cités par l'auteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'agenda d'un individu polychrone, avec ses tâches constamment réordonnées par ordre décroissant d'importances sociales et culturelles, ne mène pas à un système économique performant. Mais c'est le prix à payer pour un agenda &lt;span class="quoted"&gt;«&amp;nbsp;qui fait sens&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;, à l'opposé des agendas occidentaux qui n'ont, pour leur part, ni queue ni tête&amp;nbsp;; et il suffit de relire ceux des années passées pour se convaincre de la vanité de notre marathon quotidien.&lt;/p&gt;
</content>
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	<title type="html">Une critique du libéralisme</title>
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	<updated>2010-03-23T13:44:08Z</updated>
	<author><name>Thomas</name></author>
	<content type="html">&lt;p&gt;Qu'est-ce que le libéralisme&amp;nbsp;? Le libéralisme est un socle naturel — la propriété — et une idéologie — la liberté et la responsabilité de l'individu.&lt;/p&gt;
&lt;h1&gt;Une propriété naturelle&lt;/h1&gt;
&lt;p&gt;Voyons comment la propriété est perçue d'un point de vue libéral.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;L'appropriation et le transfert&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Un homme trouve, au détour d'un chemin, un bout de bois. Sortant de sa poche un couteau, il passe l'après-midi à transformer le morceau de bois en une jolie statuette. Notre sculpteur rencontre ensuite le tisserand, et les deux partenaires décident d'échanger la statuette contre une chemise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;À qui appartient la statuette&amp;nbsp;? Au début, elle était un morceau de bois dont personne n'avait la propriété. Le sculpteur fut le premier à le trouver. En arrivant le premier, le sculpteur pouvait légitimement transformer le bois sans léser quiconque. Par son travail de transformation, le sculpteur s'est approprié le bois devenu statuette pour au moins la durée d'existence de la statuette. Le sculpteur échangea ensuite sa propriété contre celle du tisserand. Ce dernier en est donc devenu pleinement propriétaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le tisserand applique son travail sur de la laine échangée avec un berger. La propriété du berger vient des mêmes principes que celle du sculpteur, voyons cela. Le berger prélève la laine sur ses moutons. Le travail du berger sur ses moutons est de les conduire, de les nourrir, de les soigner. Il en est devenu propriétaire car son père les lui avait donné avant de décéder, ce dernier les ayant lui-même reçus de son père, et ainsi de suite, jusqu'à ce que le premier en ait trouvés des sauvages dans la montagne. Le berger peut aussi construire une clôture autour du pré dans lequel il a l'habitude d'emmener ses moutons. Le terrain est alors à son tour un bout de nature légitimement approprié par le travail du berger premier occupant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chacun est naturellement propriétaire des fruits de son travail. Le travail sur des morceaux de la nature encore vierges de toute action humaine crée donc la propriété légitime. Une propriété peut ensuite être transférée. Deux transferts légitimes de propriété sont, par exemple, l'échange et le don volontaires. Le transfert se fait aussi parfois en l'absence de consentement, la propriété ainsi acquise par le voleur ou par la grosse brute n'est pas légitime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette conception de la propriété par le premier occupant est naturelle, elle est validée partout par les travaux d'anthropologie, elle dépasse même le cadre de l'espèce humaine et existe chez les animaux. Ainsi, selon les libéraux, la propriété est un socle préexistant à la société. La fonction de la loi libérale n'est donc pas de définir la propriété mais d'assurer sa sécurité, afin que toute propriété reste légitimement acquise.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;La propriété dans les sociétés modernes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le monde est rempli de morceaux de nature appropriés et transférés. Le propriétaire terrien entretient ses forêts et vend son bois. Le bûcheron découpe l'arbre désigné par le propriétaire et prend l'argent de son travail. Le menuisier acquiert le bois, le transforme en un atelier de filature, et vend ce dernier. Le patron d'une manufacture achète l'atelier, paye la laine et ses ouvriers, puis vend ses étoffes. L'ouvrier dans la manufacture a consenti à l'avance à céder le fruit de son travail en échange de quoi il reçoit une rémunération fixe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les métiers de la production ne sont pas les seuls à créer de la valeur. L'intermédiaire contribue aussi. Le commerçant, par exemple, transporte des biens de l'atelier de production jusqu'à la porte des consommateurs, et cette activité de mise à disposition ajoute de la valeur au produit. Le spéculateur retire temporairement des produits de la circulation en prévision d'une disette à venir, il les &lt;span class="quoted"&gt;«&amp;nbsp;transporte dans le temps&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;, son travail adoucit les pénuries tout en ajoutant de la valeur au produit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Installés sur le socle de l'appropriation naturelle des fruits du travail, les libéraux œuvrent pour que le transfert de toute propriété soit libre.&lt;/p&gt;
&lt;h1&gt;Une idéologie de liberté et de responsabilité de l'individu&lt;/h1&gt;
&lt;p&gt;Idéalement, selon les libéraux, chaque individu devrait disposer d'une parfaite liberté d'agir et être seul responsable des conséquences de ses actions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Attardons-nous sur la liberté telle qu'elle est entendue ici et prenons l'exemple d'un acte économique. Afin qu'il soit légitime, un transfert de propriété doit nécessairement être le résultat d'un accord de volontés. On comprend le peu de légitimité d'une signature obtenue au moyen d'un révolver sur la tempe du signataire. De même, différents degrés de chantage réduisent plus ou moins la légitimité de l'accord. Dans l'idéal, chacun des contractants devrait être dégagé de toute pression. Et qui fait plus couramment pression sinon le proche entourage&amp;nbsp;? L'idéal de liberté individuelle dont il est question ici inclut alors une mise en retrait de la pression de la part de l'entourage, c'est-à-dire des comportements communautaires. Cette mise en retrait est une condition pour que les volontés s'expriment sans entraves. La liberté individuelle des libéraux est celle du libre arbitre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voyons la responsabilité. Si la libre action de l'un lèse l'autre, ce dernier est en droit de demander réparation. Pour réparer, encore faut-il en être capable. Un étudiant ne possédant presque rien s'engagera plus légèrement dans des actes répréhensibles qu'un commerçant risquant en tout geste le fruit de longues années d'un patient labeur. L'individu est donc responsable sur sa propriété. Et si les conséquences de ses actes dépassent sa propriété, c'est peut-être qu'il ne mérite plus la liberté.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une liberté dégagée de toute pression contrebalancée par une responsabilité totale de l'individu, tel est l'idéal libéral. Un idéal construit sur le socle de la propriété naturelle.&lt;/p&gt;
&lt;h1&gt;Aux origines du libéralisme&lt;/h1&gt;
&lt;h2&gt;Les libéraux contre les comportements féodaux&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Au départ, durant les &lt;span class="century"&gt;xvii&lt;/span&gt;&lt;span class="e"&gt;e&lt;/span&gt; et &lt;span class="century"&gt;xviii&lt;/span&gt;&lt;span class="e"&gt;e&lt;/span&gt; siècles, les premiers libéraux s'opposaient aux fonctionnements féodaux. La religion d'État, la société de castes, la supériorité morale de la noblesse, les coûteuses logiques du prestige, le don en tant qu'instrument de pouvoir, les entraves protectionnistes aux transferts de propriétés, autant de cibles pour les premiers auteurs libéraux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les comportements féodaux, d'essence communautaire, représentent l'ennemi originel du libéralisme. On l'oublie un peu en Occident aujourd'hui car les fonctionnements communautaires ont été vaincus et sont considérablement amoindris. Mais, en dehors de l'Occident, ils sont toujours à l'œuvre.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Le mythe de l'&lt;span class="quoted"&gt;«&amp;nbsp;état de nature&amp;nbsp;»&lt;/span&gt; des lumières&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il est tentant de &lt;span class="quoted"&gt;«&amp;nbsp;remonter le temps&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;. Nous avons vu que la loi libérale a pour fonction d'assurer la sécurité des propriétés. Peut-être les humains des origines se seraient-ils associés au départ pour unir leurs forces contre les menaces sur les fruits de leurs travaux&amp;nbsp;? Et c'est ainsi que seraient apparues les premières civilisations humaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce mythe est idéologique&amp;nbsp;: l'individu est perçu depuis les lumières comme un atome autonome&amp;nbsp;; une civilisation humaine est alors une association librement consentie. Cet accord a même été théorisé au moyen d'une abstraction&amp;nbsp;: le &lt;span class="quoted"&gt;«&amp;nbsp;contrat social&amp;nbsp;»&lt;/span&gt; qui aurait mis un terme à un &lt;span class="quoted"&gt;«&amp;nbsp;état de nature&amp;nbsp;»&lt;/span&gt; originel. La société est au fond interprétée comme un groupe d'individus ayant librement décidé, un beau jour et à l'unanimité, de s'associer pour assurer de la sécurité à leurs propriétés respectives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On retrouve des allusions à cette idée chez certains philosophes libéraux&amp;nbsp;: Baruch Spinoza, John Locke, Frédéric Bastiat. Mais aussi chez Jean-Jacques Rousseaux qui n'était pas libéral.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;La branche socialiste&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Historiquement, le libéralisme et le socialisme sont deux branches des idéaux progressistes des lumières.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je souhaite évoquer ici une analyse de Frédéric Bastiat, tirée de son article &lt;span class="quoted"&gt;«&amp;nbsp;Propriété et loi&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;, qui me paraît capitale pour qui observe les divergences entre les deux frères ennemis&amp;nbsp;: si les philosophes libéraux s'appuient sur le socle naturel de la propriété, les philosophes socialistes au contraire mettent la loi au-dessus de tout. La loi devient le seul socle de la société et la propriété est considérée comme une construction définie par la loi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une société socialiste est alors une pure construction humaine. Les socialistes, constatant avec justesse que les humains ne peuvent pas vivre naturellement dans une société socialiste, aspirent alors rien de moins qu'à transformer l'être humain. Afin d'adapter l'humanité au socialisme, un &lt;span class="quoted"&gt;«&amp;nbsp;homme nouveau&amp;nbsp;»&lt;/span&gt; devrait être créé.&lt;/p&gt;
&lt;h1&gt;Une critique communautarienne du libéralisme&lt;/h1&gt;
&lt;h2&gt;L'individualisme et les liens humains&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Sous-jacente à l'idéal libéral de liberté et de responsabilité individuelle, se trouve une morale individualiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenons un exemple. Un jeune homme vient demander conseil&amp;nbsp;: il veut devenir mécanicien. La mécanique, c'est sa vocation. Il s'est découvert cette passion voilà plusieurs années déjà, il passe depuis tout son temps libre le nez dans les moteurs. Et là, il vient d'être admis à une école de mécanique reconnue à l'autre bout du pays. Mais ses parents ne sont pas d'accord&amp;nbsp;: ils ont peur de le voir partir, ils vivraient cela comme une trahison, et ils ont toujours voulu que leur enfant reprenne leur boutique. Que faut-il conseiller à cet individu-là&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celui qui l'inciterait à vivre sa vocation est individualiste, dans le beau sens du terme. Un individualiste met la priorité sur l'accomplissement personnel et suggère que les liens humains suivront, par exemple parce que les parents s'adapteront, ou bien encore parce que d'autres liens seront créés avec d'autres personnes. La vision communautaire est inversée&amp;nbsp;: la personne doit rester pour ne rien détruire des liens familiaux, et avec un peu de bonne volonté elle arrivera bien à s'accomplir sur place. Ces comportements ne peuvent pas être jugés bons ou mauvais d'une manière absolue. Tout dépend de la morale, et la morale est culturelle. La morale occidentale est individualiste, elle promeut l'accomplissement personnel. Il faut cependant garder à l'esprit que cette morale, en faisant passer le lien humain au second plan, l'affaiblit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au passage, réussir à concilier les liens communautaires et ses objectifs personnels, telle pourrait être une lecture de l'étonnant message du christianisme. En repoussant la morale chrétienne vers la sphère de la vie privée, la civilisation occidentale a conservé, dans sa morale collective, l'idée d'accomplissement des individus selon les valeurs de l'intérieur de soi, mais a perdu de vue la nécessité de prendre en compte les contraintes communautaires.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;La part artificielle du libéralisme&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le libéralisme, à l'instar du socialisme, contient sa part de construction. L'idéologie de parfaite liberté et de totale responsabilité, avec son mythe des civilisations humaines comprises comme des associations, mène bel et bien vers un &lt;span class="quoted"&gt;«&amp;nbsp;homme nouveau&amp;nbsp;»&lt;/span&gt; artificiellement libre et responsable. Le mode de fonctionnement féodal — ou familial ou communautaire ou même mafieux comme on le veut — reconnaît la même appropriation naturelle par le premier occupant et l'effort du travail. Mais aucune idéologie ne vient ensuite s'y greffer. Avec son inégalité sociale, ses logiques de pouvoirs, ses pressions sur le libre arbitre de ses membres, l'organisation féodale est plus proche du fonctionnement naturel des êtres vivants. Et le commencement des humains était, est, et, je le crois, sera toujours, communautaire. Les êtres humains rentrant dans la société sont en vérité les nouveaux-nés arrivant dans les familles. L'idée de leur libre arbitre fait sourire.&lt;/p&gt;
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